Le Fil de la Haute-Meurthe

La vallée, le massif et ceux qui y vivent

Peau et lèvres qui tirent en hiver : pourquoi, et que faire

Avatar de Manon Lattes

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En Haute-Meurthe, l’hiver ne se contente pas de faire baisser le thermomètre. Il attaque la peau et les lèvres, et ceux qui vivent ici à l’année le savent : les mains qui tirent, les joues qui piquent au vent du col, les lèvres qui craquellent dès la deuxième semaine de janvier ne sont pas une fatalité climatique vague. Il y a des raisons précises, et des gestes simples qui font une vraie différence.

Pourquoi la peau tiraille-t-elle plus ici qu’ailleurs ?

La peau est protégée par un film hydrolipidique, un mélange de sueur et de sébum qui limite l’évaporation de l’eau contenue dans les couches supérieures de l’épiderme. Le froid vif, le vent qui descend des crêtes et l’air sec des maisons chauffées fragilisent ce film en continu. Résultat : la peau perd de l’eau plus vite qu’elle n’en retient, elle tire, elle rougit, parfois elle se fissure sur les mains ou le visage.

Le chauffage aggrave-t-il vraiment les choses ?

Oui, et c’est souvent sous-estimé. Chauffer une maison en hiver fait mécaniquement chuter l’hygrométrie de l’air intérieur : on passe des heures dans un air aussi sec que dehors, sans même s’en rendre compte parce qu’il n’y a pas de vent. La peau se déshydrate donc de jour comme de nuit, sans répit entre l’extérieur et l’intérieur. Aérer quelques minutes par jour et éviter de surchauffer les chambres limite l’effet.

Faut-il vraiment se protéger du soleil même en hiver, en altitude ?

C’est le piège classique du massif. On associe le soleil à l’été, alors qu’en montagne la réverbération du rayonnement sur la neige expose le visage bien plus qu’on ne le sent : le froid masque la sensation de brûlure. Sur les crêtes ou en forêt un jour de neige fraîche et de ciel dégagé, une protection solaire sur le visage n’est pas un excès, c’est une précaution logique.

Pourquoi les lèvres craquent-elles en premier ?

Contrairement au reste du visage, les lèvres n’ont pas de glandes sébacées : elles ne fabriquent aucune protection grasse naturelle et se dessèchent donc plus vite que la peau alentour. Ce qui aide vraiment, ce sont des corps gras protecteurs qui forment une barrière : cérat, beurre de karité, cire d’abeille, ou des baumes à base de glycérine. Un geste simple à ne pas négliger : éviter l’eau très chaude à la toilette, qui accentue la sécheresse au lieu de la calmer, et résister à l’envie de se lécher les lèvres, ce qui assèche encore plus en s’évaporant.

Quand faut-il consulter au lieu de se contenter d’un baume ?

Un baume gras et un peu de patience suffisent la plupart du temps. Mais si les gerçures saignent, si des plaques rouges et sèches persistent au-delà de quelques jours, ou si la peau évoque de l’eczéma, ce n’est plus du ressort d’un soin maison : mieux vaut consulter un médecin ou un pharmacien plutôt que d’attendre que ça passe seul. Pour les repères de fond sur les soins de la peau en hiver, l’Assurance Maladie reste une référence fiable.

Avant une sortie en forêt ou sur les crêtes en plein hiver, pensez-y comme au bonnet et aux gants : la peau se prépare aussi.


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